[RADIOFRANCE.FR/FRANCECULTURE, 10 octobre 2025] Submergés par un flux d’informations jugé trop négatif, de plus en plus de Français se protègent en désactivant les notifications ou en délaissant les médias traditionnels. Une tendance qui interroge la responsabilité des médias : comment informer sans s’épuiser ?
De la fatigue à l’exode : les Français se détournent de l’information
“A quoi bon s’informer ?” C’est la conclusion à laquelle parvient plus d’un Français sur deux face au sentiment d’être noyé dans un flux d’informations incessant qui n’aide plus à agir ni même à comprendre les événements relatés. Un phénomène désormais bien documenté sous le terme de “fatigue informationnelle”, vulgarisé par des enquêtes de l’ObSoCo, Arte et la Fondation Jean-Jaurès.
“La fatigue informationnelle existe depuis que s’est développée l’information en direct, notamment sur des informations très anxiogènes comme la guerre en Irak”, indique la sociologue des médias Pauline Amiel. “Et elle n’a fait que progresser depuis. En France, on est particulièrement impactés [par la fatigue informationnelle] du fait de la puissance des médias qui adoptent un paradigme de l’information en continu. Ils renforcent un sentiment de surcharge informationnelle ; de fatigue et donc, une envie de s’exiler.” David Medioni, directeur de l’Observatoire des médias à la fondation Jean Jaurès, complète : “la densité avec laquelle l’information est martelée sur les individus et le flux continu qu’ils subissent conduit à l’exode informationnel ou à d’autres formes de régulation.”
Désactiver les notifications ; éteindre la télévision ou se tourner vers des canaux d’information alternatifs, les Français redoublent alors de stratégies pour mettre à distance l’actualité. Une tendance à “l’exode informationnel” confirmé par l’agence Reuters dans son dernier rapport : 36 % des Français déclarent “éviter parfois ou souvent l’information”, estimant qu’elle a un effet négatif sur leur humeur et que la quantité d’actualités les épuise. “Il y a deux types d’exil informationnel”, précise David Medioni. “[Certains] vont débrancher complètement [de l’actualité] et se dire que le monde informationnel et politique se parle à lui-même et ne les concerne plus. La deuxième façon de s’exiler, c’est en allant vers des terres d’informations alternatives. [En d’autres termes], des sites d’informations indépendants qui proposent autre chose, notamment des sites conspirationnistes, avec une volonté de remplacer le réel par une explication beaucoup plus simple et beaucoup plus facile à comprendre.”.
Le journalisme de solutions : une méthode pour lutter contre la fatigue informationnelle
Quand l’information étouffe, elle peut alors devenir un danger pour la santé mentale des publics. Selon l’enquête de la fondation Jean Jaurès sur l’exode informationnel, les plus fatigués par l’information sont aussi ceux qui se déclarent les plus anxieux, les plus stressés, et les plus en proie à l’énervement. Un phénomène qui induit alors une nouvelle responsabilité pour les médias et les journalistes : celle d’informer sans nuire, en redonnant aux publics le sentiment de pouvoir agir sur les événements.
C’est cet objectif que se donnent depuis plusieurs décennies les associations et médias qui promeuvent un journalisme dit “de solutions.” “Le journalisme de solution est une méthode professionnelle créée par des journalistes, avec cette perspective de lutter contre la tendance négative de l’information”, indique Pauline Amiel. “Elle encourage les journalistes à traiter avec une méthode très précise les problématiques de société, mais en proposant une solution potentielle pour les résoudre.”
Le journalisme de solutions s’empare de diverses thématiques selon les contextes culturels et comble en ce sens les angles morts des paysages médiatiques nationaux. La chercheuse précise : “En France, beaucoup de journalistes se demandent comment mieux parler du climat dans les médias et ne sont pas forcément satisfaits de la façon dont ils traitent ces sujets-là. Donc beaucoup de journalistes de solutions sont portés sur ces questions. Mais c’est très ancré culturellement, ajoute-t-elle. Aux États-Unis, par exemple, le journalisme de solutions a longtemps été porté sur des sujets en lien avec l’éducation. Au Rwanda, il s’agit plutôt de questions liées à la paix et de la réconciliation.”
Juliette Quef, directrice du média Vert, insiste pour sa part sur la différence entre le journalisme de solutions et journalisme de bonnes nouvelles : “le journalisme de solutions ne procure pas forcément du bonheur en soi. Le but n’est pas de provoquer une émotion de satisfaction, mais d’apporter une réponse à un problème qui est soulevé.” Les articles qui relèvent de journalisme de solution à Vert étant parmi les plus consultés du journal en ligne, Juliette Quef y voit “un moyen parmi d’autres de reconnecter les individus à l’actualité”.
Face au phénomène de détournement : l’urgence de repenser le lien avec le public
Malgré l’impératif démocratique en jeu, le journalisme de solutions peine encore à s’imposer dans les rédactions. La pratique invite toutefois à interroger les leviers d’action à disposition des médias pour faire face à la fatigue informationnelle et au détournement de leurs publics. “Le journalisme de solutions s’inscrit dans tout un champ [de pratiques] qui nous invitent à sortir de notre position surplombante de journalistes et être beaucoup plus à l’écoute du terrain”, ajoute Juliette Quef. “L’enjeu est de revenir à l’approche servicielle que doivent avoir les médias : on est au service de notre public et non pas donneur de leçons.” Concrètement, la journaliste précise que son média a créé le “Club de Vert”, qui regroupe les soutiens mensuels au quotidien avec pour objectif de les impliquer dans les choix de la rédaction. “Il y a toujours des ateliers avec les publics pour savoir ce qu’ils pensent de Vert, des sujets qu’ils aimeraient bien que l’on traite, du thème de la prochaine chronique que l’on va faire. [Finalement], Vert a vraiment voulu revenir au mot “média” : être un média, c’est être le lien entre un public et une information, et donc c’était notre rôle de journaliste d’accompagner, d’outiller notre public et d’être au contact avec lui.”
David Medioni ajoute en ce sens qu’il est urgent de “retrouver une logique du public et sortir d’une logique de l’audience, c’est-à-dire arrêter de vouloir parler au plus grand nombre indéterminé, inconnu, avec lequel on n’a aucun lien réel, pour aller vers un public avec lequel on partage des valeurs, on partage des envies d’action.” Il ajoute que “le fait d’avoir moins d’auditeurs, moins de téléspectateurs n’est pas forcément une mauvaise chose si l’on souhaite repenser son offre éditoriale et renouer le lien avec le public.”
Interviews de David Medioni, journaliste, Amiel Pauline, sociologue des médias et du journalisme, directrice de l’école de journalisme et de communication de l’Université Aix-Marseille, Juliette Quef, journaliste et directrice du média Vert
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Trop d’infos ? La fatigue informationnelle ou “infobésité” vous guette

[RTBF.be, 2 novembre 2023] L’actualité est morose ces temps-ci : conflit au Proche-Orient, guerre en Ukraine, attentats terroristes, catastrophes naturelles et climatiques. Toutes ces mauvaises nouvelles peuvent se révéler oppressantes, surtout si on s’informe beaucoup. Et avoir des conséquences sur la santé et amener à la dépression. C’est ce qu’on appelle “la fatigue informationnelle” ou “l’infobésité.“
Alors comment éviter de sombrer dans le pessimisme et la dépression sans faire l’autruche ? “Ce qui est important ici, c’est de toujours considérer ses propres capacités à supporter certains types d’informations” déclare Olivier Luminet, professeur de psychologie de la santé à l’UCLouvain. Et de poursuivre en donnant quelques conseils pour se réapproprier la manière de consommer : “On se limite à prendre les informations de manière détaillée, une à deux fois par jour, ce qui permet de relativiser par rapport à certains aspects.”
Besoin d’information constructive
Oui mais, un autre genre d’information est aussi nécessaire : celle qui permet d’apporter des solutions permettant d’avancer. On parle ici d’information constructive ou positive. Pour le psychologue de L’UCLouvain, “c’est extrêmement important, et ça redonne plus de confiance et l’impression de pouvoir être un agent actif par rapport à ce qui se passe. Le danger était de tomber dans une passivité complète, de se dire ‘ça nous tombe dessus, il n’y a plus rien à faire’.“
Il est à souligner que selon une récente étude de l’UCLouvain, près de quatre personnes sur dix ne s’informent pas régulièrement. Une proportion qui a doublé par rapport à début 2020, juste avant la pandémie de Covid.
Ljiljana Dukic
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Car les effets pourraient être dévastateurs pour des plateformes abondamment utilisées. Si le slop continue d’enfler, on va d’abord perdre confiance, se méfier de tout et se lasser. Une artiste interrogée par le Figaro explique notamment que pour elle, Pinterest n’est déjà plus un vrai moteur de recherche, fiable, essentiel.












Nous avons comparé deux téléphones fonctionnant avec les deux principaux OS (systèmes d’exploitations) présents sur le marché. Sur Android, ce pourcentage semble précis à l’unité près (6% ou 81% apparaissent), alors que sur iPhone, ces pourcentages sont arrondis à la dizaine (60% ou 40%). Ces données météo ne sont pas calculées par les sociétés Google (qui développe Android) ou Apple elles-mêmes, mais par des services météo professionnels et privés. De manière plus précise encore, tant Google qu’Apple ont recours à la même société : la société d’informatique IBM et son site weather.com. Ce site héberge la chaîne de TV américaine The Weather Channel dont on peut voir le logo sur les applications. L’Institut Royal Météorologique belge n’intervient pas dans ces prévisions disponibles sur les applications natives des smartphones.




Le massacre de Palmnicken





Pierre joue sur un




La reconnaissance d’un géant comme Ouwerx est certes une étape importante de franchie. Désormais, il donnera aux formations qu’il dirige le nom de Souris Swing School (SSS). Dans la région de Charleroi, son seul concurrent, notamment lors des Tournois organisés par Félix-Robert Faecq, est un certain Jules Pilette, un trompettiste qui n’a guère laissé de traces. Lors d’ un de ces tournois régionaux organisés par le Jazz Club de Belgique, on peut lire dans la presse locale ce compte-rendu de la prestation de l’orchestre présenté par Léo Souris (Atlantique ADU) : “Une grande fantaisie marque l’arrangement de Dinah. Le Swing paraît régner avec une intensité plus marquée, aussi le public est-il littéralement emballé, tant par les fantaisies harmoniques de l’arrangement que par la mimique s’inspirant de la manière des Jazz étrangers les plus renommés venus en déplacement dans notre ville. Le pianiste Léo Souris, auteur des arrangements a eu le soin de réserver des soli très à découvert, faisant ressortir un talent qui n’est plus de l’amateurisme” (Gazette de Charleroi).
Désormais, il est introduit dans le “milieu”. Le 24 avril 1942, il participe à l’Ancienne Belgique à une soirée de gala au cours de laquelle se produisent également Robert de Kers, Django Reinhardt et le Quintette du Hot Club de France. Il effectue une tournée avec Gus Deloof, puis est contacté par Louis Bilien qui l’engage dans ses “mélodistes” pour un contrat Porte de Namur à Bruxelles. Musique chic pour public chic. Même topo au Train Bleu – où Souris a fait venir ses musiciens de Charleroi. Bien plus importants sont les deux engagements qui l’attendent. Il fait en effet dans l’orchestre fameux de Robert de Kers le tour des “Anciennes Belgiques” ; l’orchestre compte dix-sept musiciens et de temps à autre, De Kers réduit sa formation à un septette pour quelques séances d’enregistrement. Après De Kers, c’est Chas Daine qui fait appel à lui pour son orchestre de jazz symphonique (avec David Bee à la harpe).
Il commence aussi à cette époque à fréquenter les sphères radiophoniques belges, comme musicien d’abord (son New Jazz Group jouera régulièrement pour l’INR), comme programmateur plus tard. Il effectue pour la Sabena plusieurs tournées en Afrique, souvent avec Jacques Pelzer; il y cumule conférences d’initiation et concerts de démonstration pour un public africain étonné et souvent conquis mais qui en retour, une fois le spectacle terminé, étonne et conquiert les musiciens belges par sa propre musique. Lorsque sonne l’heure de



Le tout premier titre publié sous le logo Marabout, c’est d’ailleurs La vallée n’en voulait pas, de l’anglaise Jane Abbott. Au niveau de l’identité, c’est un format différent : des couvertures plastifiées, des livres collés et pas cousus, des pages déjà rognées. Les livres sont imprimés sur du papier de qualité médiocre, mais brochés solidement sous des couvertures vernissées qui ont extraordinairement bien résisté au temps. L’idéologie est elle aussi bien définie : on désacralise le livre-objet en proposant à tous les publics un livre accessible à toutes les bourses, à 20 francs belges, soit 50 centimes d’euro.
En 1953, Hachette a lancé son livre de poche. Les Belges Schellens et Gérard doivent réagir. Dans un nouveau coup de génie, ils lancent la collection Marabout Junior, destinée aux jeunes entre 10 et 18 ans. Elle leur propose des biographies de grandes personnalités, des grands reportages et une série d’aventures d’un héros récurrent qui sera inventé par
Marabout doit constamment innover pour rester dans la course. La collection mythique des Marabout Flash paraît en 1959, dans un format spécifique, petit et carré. Elle aborde les différentes facettes de la vie quotidienne : la maison, le bricolage, le savoir-vivre, les langues, la beauté, la cuisine… : Nous recevons, Dansons, Je Cuisine vite, Je peins ma maison, J’apprends à conduire, Je m’habille bien…
Marabout connaîtra pourtant encore de belles années. En 1976, l’écrivain Jean-Baptiste BARONIAN est recruté pour redynamiser les collections : Marabout Science-Fiction, Marabout Suspense, Marabout Document et surtout Marabout Fantastique, qui sera un chef d’œuvre éditorial, avec par exemple les textes de Jean RAY.














