ARTIPS : Hergé. Comme un air de fête…

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[d’après NEWSLETTERS.ARTIPS.FR, 19 janvier 2026] Où l’on apprend que c’est tout un art de faire la fête. Des déguisements colorés, des confettis, de grands chars et de drôles de personnages au visage recouvert d’un masque… Les “Joyeux Turlurons” et leurs festivités servent de fond à l’album de bande dessinée Tintin et les Picaros (1976). Mais d’où l’auteur Hergé tire-t-il ces idées ? D’un voyage en Amérique du Sud ? En réalité, il n’est pas allé aussi loin !

En effet, Hergé s’inspire des multiples carnavals qui s’emparent de sa Belgique natale, et plus spécifiquement de la Wallonie, au moment du Mardi gras. Ces fêtes, créées à l’origine pour marquer le début du Carême dans le calendrier chrétien, sont aussi un prétexte pour célébrer le retour des beaux jours.

Et s’il y a bien une chose avec laquelle on ne plaisante pas en Wallonie, c’est le carnaval ! Chaque ville a sa spécificité, mais toutes ont à cœur de défendre leurs traditions.

À Binche, les Gilles montrent l’exemple. Avec leurs costumes ornés de 150 motifs, leurs collerettes, leurs chapeaux de plumes ou leurs masques de cire avec moustaches et lunettes vertes (selon les moments de la journée), ils envahissent les rues par milliers. Et n’est pas Gille qui veut ! Pour ça, il faut être originaire de Binche et respecter plusieurs règles, comme ne pas manger dans la rue… Cette tradition héritée du Moyen Âge est inscrite au Patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2003.

Car derrière ces fêtes se cache un véritable savoir-faire artisanal. Il en faut des petites mains pour fabriquer tous ces costumes ! Si la plupart des habitants mettent les mains à la pâte pour construire les chars, ce sont encore des artisans spécialisés qui confectionnent les masques et les vêtements.

© tintin.com

Quant aux Joyeux Turlurons, ils ne semblent pas appartenir à un carnaval en particulier. Hergé s’est amusé à piocher ici et là : les chapeaux des Gilles, les nez allongés des Blancs Moussis de Stavelot, les couleurs vives des Chinels de Fosses-la-Ville…

Reconnaissez-vous les autres traditions wallonnes qui se cachent dans leurs costumes ?

Les grandes personnes ne sont que des enfants déguisés (Pierre Daninos)

La rédaction d’Artips


En savoir plus ? Vous l’aurez compris, la saison des carnavals est sur le point de commencer en Wallonie ! À partir de février, Gilles et autres fanfarons revêtent à nouveau leurs costumes pour faire briller les villes de la région. Au programme : défilés bien sûr, mais aussi spectacles de rue, cavalcades, feux d’artifice… La Wallonie vous réserve une multitude d’évènements hauts en couleur. C’est aussi l’occasion parfaite d’en apprendre plus sur ces traditions en visitant les nombreux musées qui leur sont dédiés, comme le MUMASK, musée du Carnaval et du Masque à Binche, par exemple.


[INFOS QUALITE] statut : validé | mode d’édition : partage, édition, correction et iconographie | sources : newsletters.artips.fr | contributeur : Patrick Thonart | crédits illustrations : en-tête, Pieter Brueghel l’Ancien, Le Combat de Carnaval et Carême (1559) © Kunsthistorisches Museum, Vienne ; © DP ; © tintin.com.


Plus d’arts visuels en Wallonie…

ARTIPS : On dirait le Sud…

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[d’après NEWSLETTERS.ARTIPS.FR, 1 décembre 2025] Où l’on découvre une ville qui soigne tous les maux. Décembre 1917. Henri Matisse est atteint d’une mauvaise bronchite qu’il a toutes les peines du monde à guérir ! Pour la soigner, il décide de faire un séjour dans le sud de la France. On dit, en effet, que le climat méditerranéen sec et chaud aide à se débarrasser des problèmes pulmonaires…

Ni une, ni deux, l’artiste loue une petite chambre d’hôtel à Nice avec vue sur la mer. Mais là encore, pas de chance !

MATISSE Henri, Tempête à Nice (1919-1920) © Musée Matisse, Nice

La pluie s’abat sur la côte pendant près d’une semaine et le peintre est à deux doigts de faire demi-tour. Heureusement, après un bon coup de vent, le soleil pointe le bout de son nez et Matisse décide de rester. Et il a bien fait : en plus d’un lieu de repos, Nice devient pour lui une vraie source d’inspiration. Il se met à peindre des “intérieurs niçois”, des scènes domestiques qui baignent dans la clarté de la côte d’Azur.

Dans ces toiles, Matisse fait poser des modèles, agence des natures mortes, et s’amuse avec la lumière qui transperce les persiennes. Il laisse ainsi transparaître sa joie d’être là, même si les paysages ne sont pas le sujet principal.

Son environnement finit donc par imprégner sa palette. Peu à peu, son style évolue, les compositions s’harmonisent, les couleurs se font plus subtiles… Une rupture avec sa période fauve qui précède, quand ses toiles étaient colorées vivement et plus expérimentales.

Henri Matisse peignant le modèle Henriette Darricarrère, atelier de la place Charles-Félix (Nice, 1921) © Archives Henri Matisse

Finalement, ce qui devait être un simple séjour se transforme en véritable histoire d’amour. Matisse fréquente plusieurs hôtels avant de s’installer définitivement à Nice en 1921. Pour ce qui est de la bronchite, il semble que l’air méditerranéen ait fait son effet… Cela ne reste finalement qu’un mauvais souvenir pour l’artiste et un sacré coup de chance pour le reste de sa carrière !

Quand j’ai compris que chaque matin je reverrai cette lumière, je ne pouvais croire à mon bonheur. (Henri Matisse)

MATISSE Henri, affiche pour l’Union Méditerranéenne pour l’Art Moderne (UMAM) et la promotion de la Ville de Nice (1949) © DR

La ville de Nice est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en tant que “villégiature d’hiver de Riviera”. Il faut dire qu’elle possède de nombreux atouts, de ses monuments historiques à ses sentiers de randonnée, sans oublier un bord de mer idyllique. Au passage, ne ratez pas le Musée Matisse Nice qui abrite l’une des plus grandes collections de l’artiste ! Un bon moyen de comprendre son attachement pour Nice…

La rédaction d’Artips


[INFOS QUALITE] statut : validé | mode d’édition : partage, édition, correction et iconographie | sources : newsletters.artips.fr | contributeur : Patrick Thonart | crédits illustrations : MATISSE Henri, Odalisque jaune (1937) © Musée de Philadelphie ; © Musée Matisse, Nice ; © Archives Henri Matisse.


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EXPO | Rétrospective Rik WOUTERS

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Rétrospective WOUTERS aux Beaux-Arts 2017

Figure de proue du fauvisme brabançon, Rik Wouters laisse une œuvre éclatante et colorée, loin des drames qui ont marqué son existence jusqu’à sa disparition prématurée en 1916, à l’âge de 34 ans. Rik Wouters a dominé tant la peinture, la sculpture que le dessin : son parcours extraordinaire l’érige aujourd’hui en Maître incontournable de l’Art moderne en Belgique. La rétrospective qu’organisent les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, en partenariat avec le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, est exceptionnelle. Pour la première fois, ces deux musées rassemblent en une seule exposition la plus importante collection d’œuvres de l’artiste belge le plus illustre du début du XXe siècle. Des prêts rares de collections privées et de grands musées internationaux complètent l’ensemble. Cette exposition majeure clôture les hommages liés au centenaire de la mort de l’artiste. L’art de Rik Wouters, c’est avant tout une abondance de couleurs et des sujets authentiques, simples, touchants. Par son langage visuel, la construction de ses sujets et la richesse lumineuse de sa palette, il a développé un style d’avant-garde, tout en ayant été associé à Ensor, puis Cézanne ou encore Renoir. Rik Wouters fut rapidement apprécié par ses contemporains ; son talent fulgurant, fauché dans sa jeunesse par la Grande Guerre puis la maladie, nous lègue un héritage artistique fascinant et magistral…

Continuer sur le site des Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles (BE)
L’exposition est accessible jusqu’au 2 juillet 2017